C'est l'exercice du genre. Il vous faut bien enterrer les défunts. Cela commence tout d'abord par l'identification judiciaire. Le technicien de Neuf Telecom me demande de lui lire le numéro de série. Je retourne le corps. Le numéro de série ne fait aucun doute. C'est bien ma Neuf Box à moi : Une Sagem numérotée AF902-XY.
Plus de signe apparent de vie. Mon intercoluteur me réclame de lui faire la description des signaux lumineux. Il n'y a décidément plus rien de rien qui s'affiche. Il m'annonce la terrible nouvelle : Soyez fort cher Internaute : Elle est morte.
Le moment le plus difficile est de la remettre dans sa boîte. La cérémonie se déroule sans témoin. Elle n'a pour seul ami que moi, et n'étant pas préparé à ce brutal évènement, je n'ai pas eu le temps de m'occuper des fleurs et des couronnes.
Adieu AF902-XY. Que d'aventures avons nous vécues.
Merci à Monsieur Spuntz pour m'autoriser à lui squatter sa bande passante pour rédiger ce post...
C'est pas une blague ! J'ai pété un plomb. Plus de courant, plus de télévision, plus de four, mais surtout plus de Neuf Box après les orages tombés hier sur la maison. Un vrai coup de foudre quoi... J'ai pu bénéficier d'une liaison de secours chez mon ami Spuntz aujourd'hui, et j'ai réussi grâce à lui à vous donner des news, mais je ne pourrai pas me connecter pendant les jours à venir avant d'avoir une box de rechange.
Il faudra vous passer de mes bêtises pendant quelques temps. Cela vous fera un peu de vacances comme ça.
Bien amicalement à tous.
Bruno
Il faut être fou ou idiot pour lui avoir écrit cela. Je m'en fous après tout d'être fou. Ils n'ont qu'à m'enfermer si ça leur plaît. C'est d'abord un évènement insignifiant. Une simple manifestation à Paris à laquelle je suis convié. Cela prend une tournure un peu particulière quand je me penche (c'est sans rapport Jack...) sur la question de m'y rendre seul. Ca me gave un peu pour tout vous avouer.
Je visite un à un mes chers neurones (ce qui est rare est cher) à toute fin de les questionner sur leur préférence du moment.
Les neurones restent muets. C'est le coeur qui s'emballe.
C'est toujours ce putain de coeur qui vous trahit. Alors j'ai lancé une invitation un peu folle.
Je l'ai fait avec toute la nuance et la finesse d'un Caterpillar. Vous savez, le petit bolide jaune...
Je m'en fous d'être fou. Après tout, ils n'avaient qu'à pas me laisser sortir.
Je me souviens qu'il faisait chaud. On déballait nos cartons. Les chiens ne cessaient d'arpenter le terrain tout aussi nouveau pour eux que pour nous. On aurait dit qu'ils le bornaient à la manière d'un géomètre. On a choisi notre chambre. On s'est ensuite demandé ce que l'on ferait pour le dîner. On a soupesé la bombonne de gaz laissée par l'ancienne propriétaire, se demandant s'il nous en resterait assez pour seulement cuire des oeufs. On a ri, et on a réussit à cuire nos oeufs.
Cela a duré 3 secondes. Un sentiment intense. A la fois un sentiment d'exaltation et de sérénité mélangés. 3 secondes pour le pressentiment de toute la vie qui nous attendait.
Je me suis demandé ce qui m'arrivait. Je me souviens cette réflexion : Et si c'était ça le bonheur ?
Cette fois il est question de créer une fondation pour construire des orphelinats à Abidjan. La dame est veuve d'un richissime ambassadeur du Koweit, et elle même ayant désormais quelques soucis de santé, craint de ne plus avoir assez de temps avant la fin de ses jours pour utiliser à bon compte les 2.500.000 dollars que lui a laissé le défunt époux. Elle compte sur moi.
C'était hier cette pauvre jeune orpheline pourchassée par les assassins de son père qui malgré la menace de mort qui pesait sur lui n'a pourtant pas révélé la cache où se nichait ce fabuleux trésor de 3.000.000 de dollars amassés à la sueur de son front. Je suis sa dernière chance m'a-t-elle expliqué.
Je me suis pris également d'affection pour ce fils de Prince saoudien qui ne sait pas comment rapatrier dans une banque européenne les 4.000.000 de dollars reçus en cadeau d'anniversaire de ses parents pour fêter ses 21 ans, et qui m'en promet 1/4 si je lui ouvre un compte à la Société Générale du coin.
Vivement demain que je me trouve encore de nouveaux amis...